Campagne en faveur de la légalisation des tests ADN d'Origine
Le 08 février 2026, Franck Ramus, chercheur au CNRS et à l’Ecole normale supérieure (Paris) a publié dans lexpress.fr un article dont le titre et le sous-titre sont à eux seuls éloquents :
Pourquoi chaque Français devrait avoir le droit d’accéder librement à son ADN.
Sciences. Il est grand temps de lever l’interdiction sur les tests génétiques grand public en France.
En soutien à notre campagne pour la légalisation des tests ADN d'origine, l'auteur nous en livre ici un extrait :
"(...)Bien sûr, l’information contenue dans notre ADN est extrêmement sensible et strictement personnelle. Il importe qu’elle soit recueillie avec le consentement éclairé de la personne, stockée de manière sûre et conforme au règlement général sur la protection des données. Et son accès et son usage doivent être strictement contrôlés et subordonnés à l’accord de l’intéressé. Autrement dit, l’information génétique nécessite ni plus ni moins que le même traitement rigoureux requis pour toute donnée médicale personnelle. Mais elle ne mérite pas pour autant d’être sacralisée. Il appartient aux pouvoirs publics de définir les règles strictes auxquelles devront se conformer les laboratoires qui souhaiteraient proposer leurs services génétiques aux Français.
Le patrimoine génétique de chacun n’appartient ni à l’État, ni au corps médical, ni au pouvoir judiciaire. Il appartient à la personne concernée. Même en dehors de tout usage médical ou judiciaire justifiant une prise en charge publique, chacun devrait avoir le droit fondamental de prendre connaissance des informations portées par son ADN, à ses frais, et de les partager en pleine connaissance de cause avec qui il le souhaite."
Dans le cadre de sa campagne pour la légalisation des tests ADN d'origine, le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs a le plaisir de publier cette création éloquente.
C'est aujourd'hui le généalogiste Olivier GARRABE qui prend la parole dans le cadre de notre campagne "Mon ADN, mon droit de savoir" :
"Tests ADN en France : le droit de savoir
Eric GANZIN, généalogiste illustre par ce texte sa contribution à notre campagne en faveur de la légalisation des tests ADN d'origine en France :
"Elle avait quinze ans. Quinze ans à peine. Dans les années 1960, être enceinte à cet âge-là n’était pas seulement un “problème” : c’était une faute. Une honte. Un secret à effacer au plus vite.
Pour elle, tout a commencé par la peur. La peur d’être vue, jugée, rejetée. On cherchait à sauver l’honneur…
Alors on l’a éloignée. Une “Maison Maternelle…”. Deux mots propres pour cacher une réalité brutale : on la mettait à l’écart du monde, le temps que son ventre s’arrondisse en silence.
Dans sa solitude, elle parlait à son enfant. Pas à voix haute mais dans sa tête, dans son cœur. Elle lui promettait des choses qu’elle savait déjà ne pas pouvoir tenir. Chaque coup de pied était à la fois une joie et une déchirure. Car elle savait que cet enfant n’était pas “le sien” aux yeux des autres.
Mais personne ne lui demandait ce qu’elle voulait, elle.
Après l’accouchement, elle a vu son enfant pendant quelques secondes. Juste assez pour que le lien se fasse… et qu’il soit brisé aussitôt.
On lui disait : “Il vaut mieux que tu oublies.” Elle repartit seule. Le ventre vide. Les bras vides. Avec une absence qui pesait plus lourd que n’importe quel bébé.
De retour dans sa famille, il fallait se taire. Faire comme si rien ne s’était passé. Reprendre l’école, le travail, les repas du dimanche. Sourire. Mais en elle, quelque chose était mort et autre chose survivait douloureusement : une maternité sans enfant.
Elle se demandait sans cesse : À qui ressemble-t-il ? Est-il heureux ? M’appelle-t-il parfois “maman” dans sa tête ?
Chaque anniversaire devenait une épreuve secrète.
Quand on a sonné chez elle. Une fin d’après-midi ordinaire. Une tasse de thé refroidissait sur la table. La télévision murmurait dans une pièce voisine. Et puis, ce coup de sonnette, banal, presque insignifiant mais qui allait fissurer cinquante années de silence.
Quand elle a ouvert, elle a vu un homme d’une cinquantaine d’années. Un inconnu. Mais un inconnu dont le regard avait quelque chose d’étrangement familier. Il semblait hésiter, comme s’il redoutait autant cette rencontre qu’il l’avait désirée. Il a parlé doucement. Avec des mots prudents, respectueux :
« Si, à la date que je vais vous indiquer, vous étiez dans cette ville… alors il est possible que nous ayons un lien familial. Cette date, c’est celle de ma naissance. »
À cet instant précis, tout son corps a compris avant même que sa tête ne le fasse. Le monde a vacillé. Le présent s’est effondré sur le passé. Elle n’était plus une vieille dame devant sa porte, elle était de nouveau cette adolescente de quinze ans.
Elle a senti son cœur se serrer comme ce jour-là. La même oppression dans la poitrine. La même sensation de chute.
Une part d’elle a voulu nier. Protéger ce qu’elle avait mis toute une vie à enfouir. Mais une autre part d’elle-même savait déjà.
Il était là. Debout devant elle. Vivant. Réel.
Il existait. Il avait survécu à l’abandon, à l’absence, aux questions sans réponse.
Et il était venu à sa rencontre… Il ne l’avait pas oubliée.
À ce moment-là, elle n’était plus une femme qui ouvrait sa porte. Elle était une mère qui rouvrait son cœur…
Pendant des années, son fils avait respecté la règle. Celle qu’on lui avait dite, qu’on lui avait parfois imposée sans explication :
« Tu ne dois pas chercher. »
Interdiction morale, familiale, parfois administrative. Comme si son origine devait rester un mystère à vie. Comme si poser des questions était déjà une trahison.
Mais plus le temps passait, plus cette consigne devenait insupportable. Car on peut vivre sans réponse…mais on ne vit pas sans racines.
Alors il a fait un choix. Simple. Radical. Inévitable. Il s’est procuré un test ADN lors de ses vacances en Espagne. Discrètement. Sans en parler. Comme on commet un acte de résistance intime.
Quand les résultats sont arrivés, il n’a pas ressenti de peur. Seulement une évidence : son histoire ne pouvait plus rester enfermée dans le silence des autres.
Ce test n’était pas une trahison. C’était un acte de fidélité à lui-même.
Et grâce à lui, un nom a pris forme. Une piste est apparue. Une porte est devenue réelle.
C’est ainsi qu’il a trouvé son chemin jusqu’à elle.
Jusqu’à cette maison.
Jusqu’à cette sonnette qu’il a osé presser, un jour, avec tout le poids d’une cinquantaine d'années dans la main."
La campagne « Mon ADN, mon droit de savoir » recueille aujourd'hui l'opinion de Benoît VERMEERBERGEN DE CONINCK, généalogiste belge :
"Je m'appelle Benoît Vermeerbergen De Coninck, né sous X à Villers-Semeuse, en France, sous le nom de Benoît Georges.
En tant que généalogiste, cofondateur du centre de généalogie à Gand, également affilié à diverses organisations en Belgique visant à défendre les droits des sous X en Belgique, je soutiens volontiers la campagne menée par le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs!
Je n'aurais jamais trouvé mes origines biologiques sans l'utilisation de l'ADN. Cela aurait été impossible.
Il est essentiel de connaître ses origines biologiques pour plusieurs raisons.
Tant pour des raisons psychologiques que médicales.
Je voudrais même aller plus loin, car je trouve incompréhensible que dans un pays important d'Europe, la France, la législation n'ait toujours pas été adaptée et que le système d'accouchement anonyme n'ait pas été supprimé !
C'est le seul moyen de connaître ses origines lorsqu'il n'existe aucune information ou que l'ADN a été détruit.
C'est un droit de connaître ses origines !"
Légalisation des tests ADN, la France au bal des Tartuffe
par Anne MOYAT, réalisatrice
Ne vous y trompez pas.
Si les tests ADN sont strictement interdits au pays de la baguette et du pinard, ce n’est pas par excès de scrupules bioéthiques. La profusion d’arguments invoqués par les gouvernements successifs (dignité humaine, protection de la vie privée et tout le tintouin) ressemble à s’y méprendre à un énorme cache-sexe.
Car la réalité est très embarrassante : l’État français n’est tout simplement plus en mesure de garantir le secret promis aux femmes lors de la promulgation de la loi de 1941 relative à l'accouchement sous X. Légaliser les tests ADN reviendrait à reconnaître officiellement que cet engagement est devenu techniquement intenable.
En maintenant l'interdiction, l’État envoie donc un message à toutes celles qui ont donné la vie dans l’anonymat: “ Tout va bien mesdames, la situation est sous contrôle”.
Quel serait, en effet, le sous-texte si, demain, par le plus grand des hasards, les tests Adn étaient autorisés?
“ On vous a fait des promesses de vendeurs de jeans, les filles”...
Evidemment, il s’agit là d’une immense tartufferie politique. En réalité, les enfants nés sous X se procurent déjà ces tests depuis longtemps, et l’interdiction formelle ne change rien à l’affaire.
Ce refus persistant ne fait, en somme, que déplacer le problème.
Les mères biologiques ne sont absolument pas protégées : elles peuvent être contactées en dehors de tout cadre légal, avec parfois des retrouvailles façon western, aussi traumatisantes pour les uns que pour les autres...
L’enjeu n’est donc plus de savoir s’il faut ou non des tests ADN. Ils sont déjà là. L’enjeu est de savoir si l’État accepte enfin de reprendre la main, de reconnaître que le secret absolu n’existe plus, et qu’il faut désormais un cadre légal pour permettre aux enfants nés dans l’anonymat d’avoir accès à leur histoire, tout en protégeant les mères qui ne souhaiteraient pas être retrouvées.
Dans le cadre de la campagne « Mon ADN, mon droit de savoir », l’association franco-allemande Cœurs sans Frontières apporte son soutien au Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs par la voix de sa Présidente Madame Chantal LE QUENTREC :
« L’association Cœurs sans Frontières soutient le Collectif et toutes les associations, qui comme elle, demandent la liberté d’effectuer en France des tests génétiques à visée généalogique.
Chacun a la nécessité vitale de connaître ses origines, interdire les tests ADN entrave un Droit humain.
Il est vrai que, tout au long de leurs recherches, les tests sont le principal soutien de nos membres face au manque d’information.
L’ADN a parlé pour Bernadette. Née « sous X» à Vichy en 1945, elle dissipe le mystère de ses origines après quarante-huit ans de recherches. Sa mère vient du Cantal et son père était un officier allemand. L’ADN l’a beaucoup aidée.
Depuis début 2023, les Français ne peuvent plus recevoir de kits ADN et ont également des problèmes pour les renvoyer de la France. Il n’est donc plus possible de faire une commande sur les différents sites, comme MyHeritage, 23andme et, bien évidemment, Ancestry qui n’envoyait déjà pas de kits en France. Il y a certes des solutions aléatoires, comme faire venir les kits ADN à l’étranger… [via des personnes relais]. Cela a des conséquences aussi sur nos voisins. Par exemple, si les Allemands peuvent recevoir des kits ADN, ils sont privés des correspondants français qui pourraient faire partie de leur famille.
Ou comment une interdiction purement française peut avoir des répercussions internationales et priver les habitants d'autres pays de la connaissance de leurs racines...»
Notre campagne en faveur de la légalisation des tests ADN d'origine résonne même outre Atlantique ! Rudi AMEDEUS BLONDIA, Généalogiste génétique s'exprime ainsi depuis la Californie :
"Je m'intéresse à la généalogie génétique depuis près de 10 ans. Au départ, pour retrouver mon propre ancêtre biologique inconnu de 1828 (!!!), mais depuis 2021, je travaille sur des recherches pour des personnes en quête de réponses concernant leurs parents biologiques. Qu'il s'agisse d'orphelins, d'enfants nés sous X, de personnes dont le père est inconnu ou issues d'une insémination artificielle. Je sais par expérience, et pour avoir travaillé avec des dizaines de personnes, que trouver des réponses est libérateur et un aboutissement essentiel.
C'est pourquoi je suis un fervent défenseur de la recherche ADN et je m'interroge sur les motivations des gouvernements qui privent leurs citoyens de ce droit fondamental de rechercher leurs origines biologiques dans notre société complexe.
Nous, citoyens, sommes suffisamment informés pour nous protéger des éventuels inconvénients, désormais obsolètes, liés aux tests ADN. Les préoccupations de 1994 concernant cette regrettable décision française sont dépassées et de nombreux autres procédés, légalement incontestés, les ont remplacées."
"Mon ADN, mon droit de savoir" : Elodie BOUGEARD, Présidente de l'association Procréation Médicalement Anonyme prend la parole :
"Beaucoup de personnes conçues par don de gamète apprennent leur mode de conception assez tardivement, à l'âge adulte, dans des conditions pas toujours idéales.
A ce traumatisme que peut être le moment de l'annonce, s'ajoutent d'autres difficultés : sentiment de ne plus savoir qui on est, ne plus se reconnaître dans le miroir, les barrières administratives pour avoir accès à ses origines. Le droit d'accès aux origines pour les personnes conçues par don a seulement été reconnu avec la loi de bioéthique de 2021, engendrant la CAPADD (Commission d'accès des personnes nées d'une assistance médicale à la procréation aux données des tiers donneurs) en septembre 2022.
Jusque-là les tests ADN, bien qu'interdits en France, étaient la seule et unique solution pour tenter d'avoir des informations sur son donneur.
La création de la CAPADD n'a pas tout résolu. L'identité des donneurs est retrouvée dans les archives dans seulement 50% des cas. Dans ces 50%, seules un quart des demandes aboutiront à une réponse favorable avec révélation de l'identité du donneur. Ainsi, malgré l'avancée de la législation française, les tests ADN demeurent une alternative importante dans la recherche de ses origines. D'autre part, la loi ne prévoit rien à ce jour en ce qui concerne les demi frères et soeurs biologiques né(e)s d'un même donneur. Ainsi, le seul moyen pour tenter de les retrouver demeure le recours aux tests ADN.
Ils sont interdits en France, mais autorisés partout en Europe, y compris dans les pays frontaliers de la France, ce qui semble aberrant.
Au lieu de faire l'autruche sur l'utilisation des tests ADN en France, il semblerait plus rationnel de les autoriser et d'encadrer leur utilisation, levant ainsi l'un des nombreux obstacles auxquels sont confrontées les personnes à la recherche de leurs origines."
Sollicitée par notre Collectif, Bérengère AUDOUX - POLETTI, ancienne sage-femme et ancienne Députée, actuellement retraitée et bénévole au sein de l’association Enfance et Partage apporte son soutien à la campagne pour la légalisation des tests ADN .
La campagne pour la légalisation des tests ADN passe les frontières! Rencontre avec le professeur Larmuseau de l'Université Catholique de Louvain.
“Bien qu’une statistique de zombies souvent répétée postule que jusqu’à 10% des enfants sont engendrés en dehors du mariage, il est constaté qu’au cours des 500 dernières années, le taux en Europe est beaucoup plus proche de 1%.” affirme le professeur Maarten H. D. Larmuseau, biologiste et généalogiste belge, professeur en généalogie génétique et professeur invité en études patrimoniales à l’Université d’Anvers. Le ton est donné !
Ses recherches combinent la génétique des populations, la généalogie et l’histoire pour étudier l’impact des relations biologiques dans la société humaine et aborder une question délicate : à quelle fréquence les enfants ne sont-ils pas liés à leurs pères présumés ? Ses travaux l’ont amené à examiner :
Les "Taux historiques de non-paternité" dans les populations européennes, en utilisant les données du chromosome Y et les enregistrements généalogiques pour montrer que les taux de paternité extra-paire sont restés faibles (environ 1 à 2%) sur plusieurs siècles. Ses études sur l'extra-paternité ont été présentées à l'échelle internationale, notamment dans Science (mars 2025) et The New York Times.
En tant que généalogiste génétique, le professeur Larmuseau a contribué à plusieurs études de haut niveau portant sur la reconstruction génomique ou l’authentification de personnages historiques. Il confirme l'identité des restes d'Albert Ier de Belgique ]et réfute l'attribution de reliques célèbres censées appartenir à Henri IV de France et Louis XVI de France.[ Il a également contribué à l'étude génomique de Ludwig van Beethoven, dans laquelle l'ADN des mèches de cheveux préservées a révélé des informations sur l'ascendance et la santé du compositeur. Grâce à l'analyse du chromosome Y, le professeur Larmuseau et ses collègues ont identifié des parents vivants et découvert un cas d'illégitimité historique (non-paternité) dans la lignée paternelle directe de Beethoven.
Concernant la légalisation des tests ADN d’Origine en France, il nous a déclaré :
« Sur le fond, je suis entièrement favorable à la légalisation des tests ADN d’origine en France, avec un encadrement et un accompagnement adaptés, en particulier pour les personnes nées sous X, mais plus largement pour toute personne ayant un parent biologique inconnu. Ces tests sont aujourd’hui un outil important pour l’accès aux origines, à condition d’être associés à une information correcte et à un soutien (juridique/psychosocial) lorsque nécessaire »
Prof. dr. Maarten H.D. Larmuseau
Genetic genealogist
KU Leuven
Laboratory of Human Genetic Genealogy - Department of Human Genetics
"Mon ADN, mon droit de savoir" donne aujourd'hui la parole à Marc LAMENIE, Sénateur des Ardennes :
"J’ai rencontré et échangé avec les membres du Collectif des nés sous X d’Ici et d’Ailleurs.
Respectueux de leur engagement et leur combat, et au regard des attentes de milliers de personnes qui veulent comprendre leurs origines, leur histoire, et aussi se construire, il semble nécessaire d’ouvrir un débat de fond sur cette question très sensible.
Le besoin de faire évoluer les textes législatifs dans notre Pays au sujet des tests ADN d’origine répond à une demande de vérité, d’identité et de reconnaissance personnelle .
Un travail de réflexion doit être engagé. »
Aujourd'hui la campagne en faveur de la légalisation des tests ADN d'origine du Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs reçoit le soutien du Député de Charente Maritime Olivier Falorni
Des milliers de personnes en France vivent sans accès à une part essentielle de leur histoire : personnes nées sous X, issues d’un don de gamètes, adoptées, ou simplement privées d’informations sur leurs origines familiales.
Aujourd’hui encore, la France interdit les tests génétiques à visée généalogique, alors même que des centaines de milliers de Français y ont déjà recours chaque année à l’étranger. Cette situation crée une inégalité profonde entre celles et ceux qui ont accès à leurs origines et les autres, contraints de contourner la loi pour connaître leur histoire.
Ces tests ne sont ni médicaux ni prédictifs, ils permettent uniquement d’éclairer des origines géographiques et, avec consentement, d’identifier d’éventuels liens de parenté.
Ainsi, je soutiens pleinement toutes les actions législatives visant à garantir le droit d’accès aux origines personnelles, dans le respect de l’éthique, de la protection des données et des libertés individuelles.
Donner à chacun la possibilité de connaître ses origines, c’est reconnaître pleinement sa dignité.
La campagne pour la légalisation des tests ADN d'origine lancée par le Collectif des Nés sous X d'Ici et d 'Ailleurs se poursuit aujourd'hui avec le point de vue du Docteur Serge HEFEZ, psychiatre et psychanalyste français :
Sur le plan psychologique, la légalisation des tests ADN d’origine peut être envisagée comme une réponse à un besoin subjectif légitime : celui de donner sens à son histoire personnelle.
Le secret imposé, lorsqu’il n’est pas choisi par le sujet, peut constituer un facteur de fragilisation psychique, favorisant fantasmes, sentiment d’incomplétude et culpabilité diffuse. À l’inverse, l’accès encadré à l’information, accompagné si nécessaire d’un soutien psychologique, peut favoriser un travail d’élaboration, en permettant au sujet de distinguer filiation biologique, filiation affective et filiation symbolique, sans les confondre.
Enfin, reconnaître juridiquement ce droit à l’information peut avoir une valeur psychique collective : celle de ne plus faire du silence une norme, ni du savoir une transgression.
La légalisation des tests ADN d’origine, si elle est strictement encadrée, ne menace pas la construction psychique : elle peut au contraire soutenir l’autonomie subjective, en laissant à chacun la liberté, et la responsabilité, de ce qu’il choisit de savoir ou de ne pas savoir.
La campagne pour la légalisation des tests ADN initiée par le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs se poursuit.
Aujourd'hui c'est Annie RONSIN, une des bonnes fées de ce même Collectif qui se raconte et nous explique :
Pourquoi je suis pour les tests ADN?
J'ai commencé la généalogie à mes 17 ans, guidée par mon papa qui n'avait jamais trouvé le temps entre son métier d'instituteur et ses 6 enfants. Infirmière puis retraitée, je ne savais pas que cette passion allait me guider dans l'aide aux personnes en recherche d'origines.
J'entends parler de l'ADN dès que 23andme arrive en France. De nombreuses personnes que je connaissais depuis longtemps n'avaient pas retrouvé leurs origines donc je me suis penchée dessus et ai retrouvé pour nombre d'entre elles.
Puis à mes 60 ans je me lance, je fais un test et découvre à cette occasion une vérité que je pressentais : Mon papa n'était pas mon père biologique. Tout le monde savait apparemment mais pas moi...
Merci la famille ! Car pour mes antécédents médicaux, ils étaient tronqués.
Maintenant je peux en sourire, je ne suis pas la fille du facteur mais celle du copain !
Je vais vous soumettre une idée qui n'est pas de moi mais qui est une super idée : Que toutes les personnes en recherche d'origines fassent faire un test à leur conjoint ou leurs parents, tantes, oncles, cousins d'adoption car cela aidera certainement une personne qui elle même recherche ses origines !
Fabrice Brault, fondateur de l'Agence Fabrice Brault Investigation, donne son point de vue de professionnel des recherches quant à la légalisation des tests ADN.
Mon équipe et moi-même, détective et généalogiste ADN , travaillons depuis 25 ans à l'identification des parents biologiques de nés sous X avec notamment la généalogie génétique .
Nous abondons entièrement dans le sens de l’argumentation qui a été développée jusqu’ici pour la légalisation des tests ADN.
Les 2 millions de tests réalisés en France et les 50 millions à travers le Monde ne provoquent pas les tsunamis familiaux prédits et permettent au contraire de répondre aux questionnements cruciaux posés par tant d’existences déracinées.
Ils apportent également des réponses sur les antécédents médicaux familiaux, qui peuvent être essentiels.
Le progrès génétique est à l’heure actuelle le seul moyen pour les enfants nés sous X ou nés d’un don de gamètes de réparer l’injustice imposée par 50% des dossiers de naissance vides d’informations.
L’interdiction des tests sur le sol national est purement théorique et contradictoire, la France ayant ratifié au niveau européen le Droit de l’Enfant à la recherche de ses origines.
J’aimerais apporter un éclairage consécutif à notre longue expérience.
Tous les dossiers résolus nous rendent à juste titre légitimes pour témoigner de l’issue favorable des retrouvailles grâce à une médiation systématique mise en place.
En effet, de celle-ci découle, dans 80% des cas, une rencontre désirée par les 2 parties, aboutissant à la fin d’un questionnement essentiel pour l’un et au début d’une déculpabilisation pour l’autre.
Nous préconisons la création d’un pôle national regroupant les différents acteurs concernés et permettant l’encadrement des tests ADN , le soutien psychologique des nés sous X, les recherches généalogiques génétiques et la médiation.
Je tiens à apporter tout mon appui au combat que mène votre Collectif des Nés sous X d’Ici et d’Ailleurs pour la légalisation des tests ADN.
Nous poursuivons notre campagne "MON ADN, MON DROIT DE SAVOIR avec le communiqué de l’association Origines :
Pour une légalisation encadrée et protectrice des tests ADN d’origine
La France reste le seul pays d’Europe à interdire les tests ADN d’origine, alors qu’ils constituent pour beaucoup – personnes nées sous X, adoptées, issues d’un don, ou simplement privées d’informations familiales – un outil indispensable pour comprendre leur histoire. Il est urgent d’adopter une approche pragmatique, protectrice et respectueuse des droits fondamentaux.
1. Légaliser, sans aucune conséquence juridique en matière de filiation ou de responsabilité
Nous appelons à légaliser les tests ADN d’origine en prévoyant clairement qu’ils ne produisent aucun effet en matière de filiation.
Les tests personnels doivent servir à éclairer une histoire, pas à créer des droits ou des obligations.
Comme aujourd’hui, seule une décision de justice pourra ordonner une expertise génétique aux fins d’établissement de la filiation. En dehors de ce cadre judiciaire, les tests d’origine n’auraient aucune portée juridique.
Nous proposons d’ajouter une nouvelle finalité à l’article 16-11 du code civil : « à des fins de recherche de ses origines », en précisant que cette démarche n’emporte aucune conséquence en termes de filiation ou de responsabilité.
C’est une mesure simple, souple et protectrice.
À défaut, une première étape indispensable consiste à dépénaliser ces tests en abrogeant l’article 226-28-1 du Code pénal.
2. Les écueils à éviter
Limiter ces tests à certaines catégories de personnes (nées sous X, issues d’un don, adoptées…) serait inapplicable et injuste : de nombreuses situations ne sont documentées nulle part (cas des personnes issues de PMA avec don qui n'ont aucun document officiel pour en attester), et personne ne devrait être jugé plus ou moins « légitime » à connaître ses origines.
Créer une base de données ADN française serait inefficace : seules l'antériorité et l’ampleur des bases mondiales permettent aujourd’hui des rapprochements pertinents.
En revanche, des partenariats pourraient être établis avec certaines, en particulier celles stockant les données en Europe, afin que des passerelles volontaires puissent être créées – avec un nouveau consentement – pour permettre à ceux qui le souhaitent de contribuer à la recherche scientifique française et européenne.
Ce type de partenariat pourrait aussi être établi pour la résolution de cold-case. La résolution des affaires du "prédateur des bois" et du "violeur au tournevis" témoigne une nouvelle fois de l'efficacité de la généalogie génétique en la matière.
3. Créer un centre unique de référence pour l’accès aux origines
L’accès aux origines est aujourd’hui dispersé entre de multiples acteurs (associations, détectives, généalogistes, Capadd, Cnaop...), sans coordination ni mutualisation. Cela laisse beaucoup de personnes sans solution et complique inutilement les démarches.
Nous proposons la création d’un centre unique de référence, co-construit avec les associations et les acteurs de terrain, réunissant l’expertise indispensable : généalogie génétique, accompagnement psychosocial, médiation, interprétation des tests, information et soutien tout au long des démarches.
Ce centre ne serait pas obligatoire : chacun pourrait continuer à acheter un test en ligne.
Et c’est essentiel. Car si l’accès aux tests devait passer par un formulaire administratif, une autorisation préalable ou une procédure lourde, la réforme serait vouée à l’échec : les personnes continueraient simplement à réaliser leurs tests seules, derrière leur écran, comme aujourd’hui.
La souplesse est donc la condition même de l’efficacité du dispositif.
Un centre d’accompagnement doit être attractif, utile et accessible, non pas contraignant.
Des modèles étrangers existent déjà – en Belgique flamande et aux Pays-Bas – et montrent qu’une politique publique structurée peut transformer positivement l’accès aux origines.
Conclusion
Légaliser, dépénaliser, encadrer et accompagner : voilà les bases d’une réforme simple, juste et protectrice, permettant enfin à chacun de rechercher son histoire sans risque juridique, sans exclusion et sans jugement.
Merci à Audrey et Arthur Kermalvezen pour leur contribution.
La campagne pour la légalisation des tests ADN d'origine du Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs "Mon ADN, mon droit de savoir" se poursuit avec le message de Pierre VERDIER, avocat au barreau de Paris, Président de la CADCO (coordination des actions pour le droit à la connaissance des origines) que nous remercions chaleureusement de sa participation
Pour la légalisation des tests ADN.
Connaitre son origine est un élément essentiel de l’identité : on doit donc considérer que c’est un Droit de l’Homme.
Pendant longtemps on pouvait cacher ou trafiquer la filiation : le père était seulement présumé, le mari de la mère – pater semper incertus - et la mère pouvait cacher son identité. Les personnes concernées ne pouvaient se fier qu’à la parole des adultes ou à des dossiers incomplets et souvent mensongers.
Désormais la biologie a fait des progrès grâce aux tests ADN et permet d’inscrire l’enfant dans une histoire. Et la biologie ne ment pas.
Mais la France, au lieu d’encadrer l’accès aux tests ADN, l’interdit, seul pays européen à pénaliser cet accès. Pourtant l’ignorance de la vérité est source de souffrance que nous constatons tous les jours et l’ouverture à la connaissance dans les autres pays n’a pas provoqué de drame ou de désordre.
Nous demandons la légalisation d’un libre accès aux tests ADN, comme une mesure de justice.
Nouvelle contribution de Catherine Nogier, à la campagne "Mon ADN, mon droit de savoir" du Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs
Pour la légalisation des tests ADN d’origine en France
Depuis des années, j’accompagne des personnes en quête de leurs origines, souvent après une vie entière de questions restées sans réponse. Je vois, chaque semaine, combien un simple test ADN — un outil aujourd’hui largement utilisé dans le reste de l’Europe — peut devenir la clé qui ouvre enfin une histoire, une filiation, un nom, un visage. En France, cette clé est encore interdite. Et pourtant, elle transforme des vies.
L’actualité nous le prouve avec la résolution récente de cold case, la généalogie génétique est un outil rigoureux, puissant, mais qui doit être utilisé avec méthode, encadrement et accompagnement. C’est exactement ce que nous faisons déjà : guider, expliquer, protéger, sécuriser les démarches. Les personnes nées sous X, celles confrontées à un père absent, ou celles dont l’histoire familiale a été brisée, ne demandent pas un privilège. Elles demandent la possibilité d’accéder, avec dignité, à un élément fondamental de leur identité.
Je sais ce que cet outil permet : sortir d’une impasse de trente ans, retrouver un père biologique à plus de cinquante ans, découvrir une fratrie inconnue, renouer avec une lignée. Je vois l’impact profond — humain, psychologique, existentiel — de ces découvertes. Interdire cet outil, alors même qu’il est indispensable dans tant d’autres domaines (justice, science, médecine), revient à maintenir des milliers de personnes dans l’ombre de leur propre histoire.
Légaliser, encadrer, accompagner, informer : la proposition du Collectif va exactement dans le sens de ce que nous vivons sur le terrain depuis des années. Il est temps que la France rejoigne les autres pays européens et reconnaisse que l’accès à ses origines n’est pas une menace, mais un droit. Un droit qui permet enfin de se construire pleinement.
Catherine Nogier
Experte en généalogie génétique et ADN
Médiateur
Léa KARPEL, psychologue clinicienne, nous livre ses réflexions à propos de l'interdiction des tests ADN d'origine en France.
Alors que la France affichait une tolérance depuis l’interdiction des tests en 2011, l’Etat a claqué la porte au nez des amputés de leur histoire, en interdisant de façon plus drastique les tests génétiques à visée généalogique, considérés comme une activité récréative ! (1)
Est-ce vraiment un divertissement, une lubie de savoir d’où l’on vient, et/ou bien d’éviter des rencontres incestueuses angoissantes et universellement réprouvées?
Est-ce que l'Etat français a bien évalué le coût d'une telle interdiction : les angoisses, les dépressions, les traitements psychotropes et les hospitalisations, sans compter le retard aux soins lié à la méconnaissance des antécédents médicaux ?
Seule la France en Europe maintient cette interdiction. Priver un être humain de son histoire et être humain de la possibilité d'éviter l'inceste est une forme de maltraitance administrative.
L’accès aux origines personnelles est un enjeu politique et individuel, touchant aux dimensions essentielles de l'être humain : le droit à son histoire, à son identité et à une bonne santé mentale.
Nous demandons la levée de l’interdiction des tests génétiques à visée généalogique!
(1) ndlr: depuis environ 2022 – suite à la nouvelle loi bioéthique - les principales sociétés internationales de tests ADN (comme 23andMe, MyHeritage ou FamilyTree DNA...) ont cessé d’expédier leurs kits à des adresses en France. Ils ont analysé que la vente directe à des consommateurs en France pouvait les exposer à des risques juridiques par rapport à la loi française (amendes ou sanctions pour publicité/démarchage et tests non autorisés: jusqu’à 1 an d’emprisonnement et/ou jusqu’à 15 000 € d’amende!)
.
Léa KARPEL
Psychologie Clinicienne
Extrait de la Tribune écrite en mai 2025 “ Circulez les enfants, il n’y a rien à voir dans votre histoire”
Aujourd'hui, c'est Maria Pia Briffaut-nés Sous X, Présidente d'ADONX, qui nous partage son opinion sur les tests ADN :
"Présidente de l’Association pour le Droit aux Origines des Nés sous X, je milite activement depuis plus de vingt-cinq ans contre l’anonymat de la naissance.
La première mission de mon association était de renseigner ceux qui recherchaient leurs familles biologiques. Avant 2018, les recherches s’effectuaient principalement en prenant rendez-vous à la DDASS (ASE maintenant), dans les diverses archives administratives, etc. Et depuis 2002-2003, en s’adressant au
CNAOP (Conseil National d’Accès aux Origines Personnelles).
Ces démarches s’avéraient longues, fastidieuses et n’étaient pas, loin de là, toujours couronnées de succès.
J’ai connu des personnes qui n’ont pas économisé leurs efforts, mais qui, pourtant, ont vainement recherché leurs origines pendant des décennies. Le CNAOP a beaucoup déçu les personnes nées sous X. Leurs échecs les démoralisaient parfois profondément.
Moi-même, j’ai cherché ma famille biologique pendant longtemps. Sans y parvenir, mon dossier de naissance étant totalement vide. Je me souviens d’une réunion de personnes nées sous X où l’on m’avait dit « C’est malheureux, Maria Pia, mais toi, tu ne retrouveras jamais ».
En réalité, ma famille a fini par me retrouver elle-même en décembre 2010.
Si ma famille, munie des renseignements donnés par ma mère de naissance, ne m’avait pas identifiée, j’aurais pu dès 2018 effectuer les tests ADN disponibles sur internet... et deux ou trois ou quatre années plus tard, venir frapper à la porte d’une de mes sœurs ou d’un de mes frères... ou plutôt commencer par leur envoyer un message de prise de contact.
En effet, ces tests que la loi française interdit permettent aux personnes nées dans l’anonymat de retrouver leurs familles. Il est conseillé de prendre le conseil d’un(e) généalogiste, la lecture des résultats de ces tests étant à la fois délicate et compliquée.
Les tests ADN sont pratiqués dans le monde entier depuis plus de vingt ans. Leurs conséquences sont donc bien connues. Et bien loin des « drames » prédits par nos adversaires.
L’Union européenne les autorise. Par contre, pour des raisons que je n’étalerai pas ici, la France et la Pologne les refusent.
Il faut se rendre compte que cette interdiction est purement virtuelle. Ce qui a été pointé du doigt par quelques parlementaires et par la presse. Et par les associations de personnes nées sous X. En effet, il n’est pas difficile de contourner l’interdiction, ces tests pouvant être commandés à l’étranger sans grande difficulté !
Le refus de la France d’autoriser les tests ADN n’empêche donc pas les français de les effectuer et n’arrête pas le développement de la généalogie génétique dans notre pays. Il paraît qu’un peu plus de 1,5 million de français se sont déjà fait tester.
Les tests ADN sont une aide précieuse et incontournable pour la recherche des origines. Grâce à eux, de nombreux Français se sont retrouvés et ont reformé famille.
Je pense que, bien exploités par un enquêteur ou une généalogiste, ils sont actuellement l’instrument le plus efficace du « renouage ». Un outil indispensable.
Pour toutes ces raisons, il me paraît indispensable de mettre fin à l’hypocrisie et à l’inefficacité de l’interdiction française des tests ADN.
Je terminerai en ajoutant que l’Union européenne autorisant ces tests, la France ne pourra pas maintenir son interdiction ad vitam aeternam...
Qu’ils soient légalisés au plus vite !"
Merci à elle de soutenir la démarche du Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs!
Aujourd'hui, le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs a le plaisir de vous partager la contribution de
Madame Françoise KRIGUER-BONNARD, sage-Femme en retraite, mais surtout Fondatrice de l’Association Prophyla X-YA dans le cadre de la campagne MON ADN, MON DROIT DE SAVOIR.
"Légalisons les tests ADN d’origine pour les adoptés qui souhaitent connaitre leurs origines.
Divers moyens sont mis à la disposition de ces personnes qui peinent à chercher et à trouver leurs origines pour être en corrélation avec la définition de la santé définie par l’Organisation Mondiale de la Santé :
La santé est un complet bien être physique, psychique et social
Ces possibilités sont diverses et variées.
Rechercher des dossiers au lieu d’accouchement , placement famille d’accueil, organisme privé à l’adoption, services d’aide à l’ enfance ….C est souvent chercher une aiguille dans une botte de foin et cela dépend souvent de la bonne volonté du correspondant.
Actuellement un test est possible
Le Test ADN malheureusement dit test récréatif par le législateur puisque seul les tests demandés par la justice sont autorisés.
Cependant connaitre ses origines est un droit si ce n’est un devoir qui n’a rien de récréatif
Connaitre les antécédents médicaux familiaux est un problème de santé publique à l’heure où tous les professionnels prêchent pour la prévention et le dépistage des maladies : cancer du sein, de l’ ovaire, cancer colorectal, etc. qui sont pour certains des cancers familiaux.
Le citoyen lambda qui connait sa famille biologique bénéficie d’un dépistage précoce et d’un suivi régulier dès l âge de 20 ou 30 ans.
Etre né sous X n’est pas une maladie mais c’est un problème à X inconnues que l’on peut résoudre facilement par la légalisation des tests ADN."
"Chacun a le droit de savoir d’où il vient. Connaître ses origines, son passé, permet de s’épanouir sereinement et de cheminer en étant sûr de ses racines et maître de son avenir.
Pour rappel, dans un arrêt du 7 septembre 2023, la Cour européenne des droits de l’Homme a jugé que la Convention protège le droit à la connaissance de ses origines, et qu’il pèse sur l’État une obligation positive de garantir ce droit. Or, ce n’est pas le cas de notre législation.
En France, il est aujourd’hui interdit de recourir à l’utilisation de tests génétiques. Nous sommes le seul pays d’Europe, avec la Pologne, à maintenir cette interdiction. Le fait de solliciter l’examen de ses caractéristiques génétiques en dehors des conditions légales est puni d’une amende de 3 750 euros. Les personnes effectuant ces examens encourent une peine d’emprisonnement d’un an et 15 000 euros d’amende.
Pourtant, ils sont 200 000, sans doute davantage, à braver chaque année l’interdit, et à se procurer des tests à l’étranger. Si tant de personnes empruntent cette voie de l’illégalité, à contrecœur, c’est bien souvent que cette quête est devenue dans leur chemin de vie absolument impérative.
Les organismes créés au fil des évolutions législatives - CAPADD, CNAOP - pour donner accès aux origines montrent par leurs chiffres de sérieuses limites.
Le mensonge, le secret de famille, le ressenti étrange et insensé que quelque chose ne colle pas, que manque quelque chose d’absolument indispensable à l’équilibre, à la compréhension de soi, de son histoire, peuvent détruire. Sournoisement, des dysfonctionnements se font jour : conflits familiaux, troubles alimentaires, mal‑être, dépression, tentatives de suicides, sont trop fréquemment le lot de ces personnes en manque de leurs origines.
L’inégalité d’accès aux origines, patent, mesurable, et même assumé par notre législation, doit nous interroger. Surtout à l’heure où l’évolution technologique permet de répondre très concrètement à des personnes en souffrance.
Voilà pourquoi notre législation doit évoluer et reconnaître le droit fondamental pour chacun de connaître ses origines, et notamment en légalisant le recours aux tests génétiques.
Cette légalisation doit aller de pair avec un encadrement strict, limitant les dérives et garantissant une utilisation décente de ces tests. Les potentiels utilisateurs doivent être accompagnés et bien informés des limites de ces objets. Mais dans un tel cadre légal sécurisé, rien ne semble s’opposer à la possibilité de mettre en vente librement ces tests en France.
A ces fins, j’ai déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution pour garantir à chaque individu un droit d’accès effectif à ses origines, qui comporte parmi ses mesures la proposition d’autoriser les tests génétiques.
Je suis sincèrement convaincue que notre société doit évoluer sur ce sujet, afin de faire tomber des tabous profondément ancrés, et permettre à tout un chacun de connaître ses origines, quel que soit son parcours de vie."
Le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs remercie très sincèrement Madame Géraldine BANNIER, députée de la Mayenne, porteuse de la proposition de résolution n° 1167 "pour garantir à chaque individu un droit d’accès effectif à ses origines" pour sa contribution à la campagne lancée en faveur de la légalisation des tests ADN.
MON ADN, MON DROIT DE SAVOIR réclame la légalisation des tests ADN, leur encadrement, leur accompagnement afin que chacun.e puisse accéder à la connaissance de ses origines et se réaliser pleinement
Dans le cadre de la campagne "Mon ADN, mon DROIT DE SAVOIR" lancée par le Collectif, voici l'éclairage de Sylvie Bastien du groupe québécois "Adoptions, Emotions, Retrouvailles". Merci à elle pour cette communication fort instructive pour nous Français!
Les tests d’ADN en vente libre sont de plus en plus utilisés par les personnes nées hors mariage qui furent adoptées afin qu’elles découvrent leur filiation biologique, ou encore pour que l’identité des parents biologiques révélée par les Services sociaux soit scientifiquement validée.
1. La fiabilité scientifique des tests
L’ADN ne ment pas. Les laboratoires qui offrent ces tests sont sérieux et leurs résultats sont fiables à 99,9 % en ce qui concerne les correspondances génétiques. Cela permet d’établir le degré de parenté avec, par exemple, des cousin(e)s au premier, au deuxième ou au troisième degré; des oncles et des tantes; des grands-oncles et des grands-tantes; des grands-parents; des frères et sœurs; des demi-frères et demi-sœurs et des parents biologiques.
2. L’analyse des résultats
Les résultats exigent souvent des recherches extensives, surtout lorsque les correspondances génétiques sont des membres de la famille éloignée qui ne sont pas connues.
Depuis que ces tests sont disponibles au Québec, plusieurs généalogistes ont ajouté l’analyse des résultats des tests d’ADN à leurs compétences. La généalogie génétique est maintenant une spécialité reconnue. Il existe des associations qui offrent des services d’analyse en généalogie génétique aux personnes qui ont effectué un test d’ADN.
Des erreurs d’identification de la famille biologique ne sont pas complètement impossibles, mais les personnes qui réalisent un test en sont conscientes et courent ce risque en toute connaissance de cause.
3. Les conséquences positives et négatives sur certaines personnes
Les tests d’ADN peuvent révéler des secrets de famille et avoir des conséquences tantôt positives, tantôt négatives, sur certaines personnes.
Les personnes qui passent un test d’ADN sont conscientes que leur famille biologique potentiellement retrouvée pourrait réagir négativement et elles sont préparées à faire face à un déni ou à un rejet. À cet égard, l’attitude des gouvernements québécois et canadien n’est pas paternaliste. En effet, il existe des risques que chaque individu adulte est parfaitement capable d’assumer. Les personnes pour lesquelles des révélations poseraient un problème psychologique important peuvent consulter un spécialiste qui serait en mesure de les aider à gérer la situation.
À l’inverse, une famille biologique retrouvée peut être ravie de connaître un nouveau membre. Après un étonnement initial, les témoignages de personnes qui sont très heureuses de s’être trouvées, grâce à un test d’ADN, se comptent par milliers.
Il faut savoir que le Québec reconnaît à tous ses citoyens le droit de connaître ses origines biologiques, ce qui est inscrit dans la Charte des droits et libertés de la personne . Dans ce contexte, les tests d’ADN peuvent contribuer à cette connaissance.
4. Les tests d’ADN fournissent d’autres informations utiles
Dans les tests de base, les origines géographiques des ancêtres sont estimées. Par exemple, le test peut évaluer dans quelle proportion les ancêtres maternels et paternels venaient de France, de Grande-Bretagne, d’Italie, de Scandinavie, d’Afrique, etc. Ces estimations sont mises à jour régulièrement puisque les banques de données s’accroissent continuellement.
Parallèlement, les entreprises rendent disponibles, sur abonnement payant, une foule de documents intéressants tels que les registres annuels des naissances, des mariages et des décès, les recensements, des listes de passagers de navires, des dossiers militaires, des photographies, etc. pour un grand nombre de pays. Ces outils sont très utiles pour les personnes qui sont intéressées par la généalogie.
5. La sécurité des données
En ce qui concerne la sécurité des données, les entreprises permettent à leurs clients d’effacer les résultats des analyses.
Les risques de fuites ou de piratage sont minimes et sont probablement même inférieures aux risques informatiques dans le secteur bancaire, dans l’industrie aérienne, dans le secteur hôtelier, dans les établissements scolaires, etc. Même la NASA a été piratée en 1999 par Jonathan James, un adolescent de 15 ans habile en informatique !
Les clients peuvent refuser l’utilisation des données à des fins commerciales ou de recherche.
C’est d’ailleurs aux autorités gouvernementales d’imposer leurs règles aux entreprises d’ADN.
La campagne "MON ADN, MON DROIT DE SAVOIR" initiée par le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs bénéficie aujourd'hui de la contribution des membres de l'association belge "Nés sous X via Wante", personnes nées sous X en France victimes du trafic d'enfants franco-belge relaté dans la presse (enquête de Libération).
En tant que personnes nées sous X ou adoptées en Belgique, nous voulons apporter un soutien clair et fraternel au collectif français qui se bat pour la légalisation des tests ADN dans la recherche des origines.
Nous le savons par expérience concrète : l’ADN n’est pas un gadget, ni une curiosité “récréative”. C’est un outil essentiel pour faire ce que les administrations, les institutions et parfois même la justice n’ont pas permis de faire pendant des décennies : reconstituer des histoires de vies brisées, identifier des filiations, vérifier des récits officiels, et rendre à chacun le droit fondamental de savoir d’où il vient.
En Belgique, les tests ADN ont déjà démontré leur utilité pour les “nés sous X” et les personnes adoptées dans des conditions opaques.
Ils ont permis, entre autres :
De retrouver des branches entières de familles maternelles ou paternelles quand les archives étaient incomplètes, falsifiées ou volontairement verrouillées.
De confirmer ou d’infirmer des pistes fragiles construites à partir de bribes d’état civil, de témoignages partiels ou de dossiers administratifs mutilés.
De rassembler des personnes qui se croyaient seules, en révélant des fratries et des liens de parenté insoupçonnés, parfois à travers plusieurs pays.
De documenter, de manière froide et irréfutable, des pratiques abusives ou des dysfonctionnements systémiques dans certains circuits d’adoption, au-delà de simples “impressions” ou souvenirs douloureux.
Ce que nous constatons au quotidien, c’est que les tests ADN, lorsqu’ils sont utilisés de manière éthique et encadrée, sont un formidable levier de vérité et de réparation. Ils n’effacent pas la souffrance, mais ils mettent fin au mensonge, au doute permanent, à cette impression d’être condamné à ne jamais savoir. Ils permettent à des adultes qui ont parfois plus de 50 ou 60 ans d’enfin poser des mots concrets sur leurs origines, de reconstituer une lignée, une histoire, une chronologie, et de reprendre la main sur leur propre récit.
Refuser ou criminaliser ces tests ne protège pas les personnes vulnérables : cela les abandonne.
Cela les condamne à :
tourner en rond dans des archives verrouillées,
dépendre du bon vouloir d’administrations saturées ou frileuses,
subir des “vérités officielles” qu’il est impossible de vérifier,
continuer à vivre dans un entre-deux identitaire destructeur, sans ancrage ni repères.
À l’inverse, la légalisation encadrée des tests ADN offre plusieurs garanties :
1. Elle permet de sortir de l’illégalité et de l’hypocrisie. Les tests sont de toute façon déjà utilisés massivement. Les maintenir dans une zone grise ne fait qu’exposer les usagers à des risques juridiques, financiers ou éthiques, sans aucun bénéfice réel.
2. Elle rend possible un accompagnement digne de ce nom.
Information claire sur ce que l’ADN peut et ne peut pas dire.
Soutien psychologique pour les personnes qui se lancent dans ces recherches.
Mise en place de protocoles respectueux pour le contact avec les parents biologiques et les familles découvertes.
3. Elle reconnaît enfin, juridiquement et symboliquement, que le droit à la vérité et à l’identité fait partie des droits fondamentaux de la personne humaine, au même titre que le droit à la vie privée ou à la protection des données.
L’expérience belge montre aussi que l’ADN ne s’oppose pas aux archives ni aux institutions : il les complète, les corrige, les éclaire.
Dans de nombreux dossiers, la combinaison :
des actes d’état civil,
des archives judiciaires ou religieuses,
des témoignages,
et des correspondances ADN
a permis de reconstituer des histoires d’adoption complexes, de mettre au jour des schémas récurrents (mêmes médecins, mêmes institutions, mêmes intermédiaires), et d’ouvrir des pistes collectives là où chacun était auparavant enfermé dans sa solitude et ses questions sans réponse.
C’est précisément cette force de l’ADN qui fait peur à certains : il ne ment pas, ne “réécrit” pas au profit de telle ou telle institution. Il met simplement les faits biologiques sur la table. Mais c’est cette force-là dont nous avons besoin, nous qui avons été privés d’une partie de notre histoire par des décisions prises sans notre consentement.
Soutenir la légalisation des tests ADN en France, ce n’est pas vouloir “abolir le secret” de manière brutale ni nier la complexité des histoires familiales. C’est au contraire :
redonner de la liberté à celles et ceux qui veulent savoir,
offrir un cadre sécurisé et respectueux pour ces démarches,
permettre à la vérité de se frayer un chemin, même des décennies après les faits,
s’aligner sur une réalité internationale où les frontières juridiques ne correspondent plus aux réalités des bases de données ADN mondialisées.
Pour toutes ces raisons, et forts de ce que nous vivons ici en Belgique dans les recherches d’origines des nés sous X et des personnes adoptées, nous apportons un soutien plein et entier au collectif français qui milite pour la légalisation des tests ADN.
Nous savons ce que ces outils changent dans une vie.
Nous savons combien de destins ils peuvent réparer, combien de mensonges ils peuvent enfin lever.
Il est temps que la loi reconnaisse ce que l’expérience démontre déjà : l’ADN, encadré et légalisé, est un allié précieux de la vérité, de la dignité et des droits des personnes nées sous X et adoptées.
Dans le cadre de la campagne qu'il mène pour la légalisation des tests ADN d'origine, le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs a reçu de Monsieur Lionel VUIBERT, Député des Ardennes la contribution suivante :
« Le droit d’accès à ses origines constitue pour beaucoup de nos concitoyens une démarche intime et profondément légitime. Je suis convaincu que les outils scientifiques modernes, parmi lesquels les tests ADN d’origine, peuvent contribuer à éclairer certains parcours de vie, à condition de s’inscrire dans un cadre juridique protecteur.
L’enjeu n’est pas seulement de légaliser, mais de garantir un encadrement clair, un accompagnement humain et une information complète des personnes concernées.
C’est à cette condition que nous pourrons concilier le respect de la vie privée, l’éthique biomédicale et le droit fondamental de chacun à connaître son histoire.
Je demeure attentif à ces travaux et ouvert à une évolution du cadre légal permettant d’utiliser ces outils de manière responsable et sécurisée, au service des personnes en recherche de leurs origines. »
Nous remercions Monsieur Lionel VUIBERT pour le soutien qu'il apporte au combat du Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs.
Dans le cadre de la campagne "Mon ADN, mon DROIT DE SAVOIR",
le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs a reçu de Madame Natalia Pouzyreff, Députée de la 6ème circonscription des Yvelines cette contribution :
La députée soutient pleinement l’initiative du collectif visant à parvenir à une légalisation encadrée des tests ADN.
Depuis plusieurs mois, elle a mené des consultations auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), du ministère de la Santé, ainsi qu’avec des chercheuses en génétique, et elle est par ailleurs en attente d’un rendez-vous avec le Comité consultatif national d’éthique (CCNE).
La prochaine révision de la loi relative à la bioéthique pourrait constituer une occasion importante de revenir sur ce débat et d’avancer à la fois vers une légalisation de ces tests et vers un meilleur encadrement.
Dans cette perspective, elle a d’ores et déjà rédigé une proposition de loi, prête à être déposée, structurée autour de trois titres :
– un premier titre consacré au droit d’accès aux origines personnelles à travers les tests génétiques à visée généalogiques ;
– un deuxième titre portant sur l’organisation et la clarification des institutions chargées de l’accès aux origines ;
– un troisième titre relatif à l’encadrement des données génétiques issues de ces tests, notamment en matière de traitement et de conservation.
Le Collectif remercie Madame la Députée pour sa confiance, son soutien et son engagement dans le combat pour plus d'humanité et d'égalité.
Message de Janouche, une mère de l'ombre, autrice du livre "Le poids du silence".
La véritable rencontre entre une mère et son fils devenu jeune adulte, un témoignage bouleversant de sincérité
"La France est en retard sur beaucoup de choses.
Des lois qui soit ne servent à rien, soit pas suivies.
Le test ?
Je ne dis pas qu'il devrait être obligatoire, cependant cela devrait être autorisé, dans le cadre de connaître ses origines pour tout un chacun, plus particulièrement pour les enfants/adultes en recherches de l'histoire familiale, de parents bio...
Nous sommes en 2025, j'ai été retrouvée en 2002, et je vois que peu de choses ont changé, évolué.
On ne baisse pas les bras, l'union fait la force!"
Merci pour ce message, votre soutien va droit au cœur de toute personne en recherche surtout lorsque l'on sait les difficultés qui émaillent le parcours.
Premier " témoignage" posté de Frederik Du Kaltreis
C’est tout de même étrange : l’Europe entière utilise les tests ADN d’origine sans s’enflammer, mais la France, elle, semble persuadée que ces petits tubes en plastique sont une menace existentielle.
Partout ailleurs, on peut retracer ses origines ; chez nous, on dirait presque que connaître d’où l’on vient pourrait déclencher une révolution.
Pourtant, la logique est simple : chacun devrait avoir le libre arbitre de savoir… ou de ne pas savoir.
Ce n’est pas un caprice, c’est un besoin humain. Et curieusement, personne n’est obligé de faire un test — incroyable, la liberté fonctionne aussi comme ça.
D’autant plus que, paradoxe délicieux, on peut acheter en France un test ADN… pour vérifier la race de son chien. Pour soi-même ? Non, là, soudain, c’est interdit.
On protège donc mieux l’identité canine que la quête d’origine humaine. l’idée qu’un citoyen puisse découvrir son histoire semble visiblement trop audacieuse.
On ne demande pas la lune : juste le droit de décider pour soi.
Décembre 2025
Fredrik Du Kaltreis
Auteur – Généalogiste